Olive

Découvrez les meilleures pratiques pour la culture de l’olivier au Maroc : techniques de fertilisation, rendement optimal et solutions adaptées aux agriculteurs.

Ce programme propose une base générale d’utilisation des solutions TIMAC AGRO MAROC.
Pour un programme adapté à votre verger, le conseil agricole de TIMAC AGRO MAROC (ATC) vous accompagnera avec un diagnostic personnalisé et un suivi technique détaillé tout au long du cycle de production.

l'Olivier au Maroc

L’olivier est l’une des espèces fruitières les plus ancrées dans l’identité agricole et culturelle du Maroc, avec une présence attestée depuis plus de 3 000 ans.

L’olivier sauvage est indigène au pourtour méditerranéen. Sa présence spontanée dans les montagnes du Rif, du Moyen Atlas et du Haut Atlas témoigne d’une adaptation naturelle aux conditions marocaines depuis des millénaires.

L’ère moderne : du plan Maroc Vert au Plan Génération Green

Le tournant majeur intervient avec la stratégie Plan Maroc Vert (PMV, 2008-2020), qui classe l’olivier parmi les filières prioritaires. Des programmes de plantation ambitieux visaient 1 million d’hectares à l’horizon 2020. Cette dynamique a été prolongée et amplifiée par le Plan Génération Green (2020-2030), qui mise sur l’intensification des vergers, la modernisation des huileries et l’amélioration de la compétitivité à l’export.

Position stratégique :  Le Maroc est aujourd’hui le 5 e  producteur mondial d’huile d’olive et le 2 e  exportateur mondial d’olives de table, derrière l’Espagne. La filière génère plus de 5 millions de journées de travail par an et contribue significativement à l’équilibre de la balance commerciale agricole.

Répartition géographique nationale

  1. La région de Fès-Meknès est la 1ère région productrice d’olivier au Maroc, avec une superficie estimée à environ 350 000 hectares. La culture y est principalement conduite en mode pluvial.
  2. La région de Marrakech-Safi , notamment dans le Haouz, occupe la 2ème place avec près de 220 000 hectares d’oliviers. Elle se caractérise par une forte tradition oléicole associant cultures irriguées et pluviales.
  3. La région de Souss-Massa se positionne comme la 3ème région oléicole du pays avec environ 100 000 hectares. L’irrigation y est majoritaire et une grande partie de la production est destinée à l’exportation des olives de table.
  4. La région de Oriental arrive en 4ème position avec près de 80 000 hectares d’oliviers. Les exploitations y sont principalement extensives et traditionnelles, souvent situées dans des zones montagneuses.
  5. La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma occupe la 5ème place avec environ 60 000 hectares. Cette région du Rif possède une tradition oléicole millénaire et des terroirs de montagne reconnus.
  6. Enfin, la région de Béni Mellal-Khénifra se classe en 6ème position avec près de 50 000 hectares d’oliviers, une culture en pleine expansion dans les plaines et les piémonts.

Exigences de la Culture de l'Olivier

L’olivier est une espèce méditerranéenne par excellence, xérophile et thermophile. Il tolère des conditions difficiles, mais son rendement optimal exige un équilibre précis entre froid hivernal et sécheresse estivale.

  • Températures : L’olivier présente un optimum de développement végétatif entre 15 et 25 °C. Il peut tolérer des températures élevées allant jusqu’à 40 à 45 °C durant l’été lorsqu’une irrigation adéquate est assurée. Cependant, il reste sensible aux gelées printanières inférieures à −5 °C. Pour assurer une bonne induction florale, l’arbre nécessite entre 300 et 800 heures de froid à des températures inférieures ou égales à 7 °C.
  • Pluviométrie : En conduite pluviale, l’olivier nécessite un minimum d’environ 300 mm de pluie par an, tandis que l’optimum se situe entre 500 et 800 mm bien répartis sur l’année. Les périodes de floraison et de nouaison, généralement entre avril et mai, sont particulièrement sensibles au déficit hydrique. Un stress hydrique à ce stade peut provoquer une chute importante des fruits.
  • Ensoleillement et ventilation : L’olivier exige une forte luminosité avec plus de 2 000 heures d’ensoleillement pour garantir une bonne croissance et une production optimale. La culture est sensible aux vents chauds et desséchants comme le Chergui pendant la floraison. Les vents modérés freinent la pollinisation croisée, mais des vents violents associés à des températures élevées peuvent entraîner la coulure des fleurs et des jeunes fruits.
  • Hygrométrie : L’olivier préfère les conditions climatiques sèches. Une humidité excessive favorise le développement de maladies fongiques telles que l’œil de paon. Dans les régions côtières du nord du Maroc comme Tétouan et Al Hoceïma , une surveillance phytosanitaire renforcée est souvent nécessaire.

Exigences édaphiques (du sol)

  • Texture du sol : L’olivier se développe idéalement dans des sols limono-argileux à limono-sableux, offrant un bon équilibre entre rétention en eau et aération. Il peut toutefois s’adapter aux sols sableux ou argileux, à condition d’éviter les argiles lourdes mal drainées qui provoquent l’asphyxie racinaire.
  • pH du sol : Le pH optimal pour la culture de l’olivier se situe entre 6,5 et 8,0. L’arbre tolère des sols légèrement acides à alcalins, avec des limites comprenant entre 5,5 et 8,5. Il supporte relativement bien les sols calcaires, mais un pH supérieur à 8,5 peut provoquer des phénomènes de chlorose ferrique.
  • Calcaire actif : Le taux idéal de calcaire actif doit rester inférieur à 10 %. L’olivier peut tolérer des teneurs allant jusqu’à 15 à 20 %, mais au-delà, les risques de carences en fer et en manganèse augmentent fortement, affectant la croissance et la production.
  • Profondeur utile du sol : Une profondeur utile supérieure à 80 cm est recommandée pour assurer un bon développement racinaire et une meilleure résistance à la sécheresse. En conduite pluviale extensive, l’olivier peut néanmoins être cultivé sur des sols d’environ 40 cm de profondeur.
  • Drainage : L’olivier préfère des sols à drainage bon à modéré. Bien qu’il puisse tolérer temporairement un drainage lent, les situations d’engorgement prolongé provoquent une asphyxie racinaire souvent fatale pour l’arbre.
  • Conductivité électrique (CE) : La conductivité électrique optimale doit être inférieure à 4 dS/m. L’olivier reste une espèce modérément tolérante à la salinité et peut supporter des niveaux allant jusqu’à 6 à 8 dS/m selon les conditions culturelles et le porte-greffe utilisé.
  • Matière organique : Un taux de matière organique compris entre 1,5 et 3 % est considéré comme optimal pour maintenir la fertilité du sol et favoriser l’activité biologique. Des niveaux supérieurs à 0,8 % restent acceptables, mais des apports réguliers de matière organique sont fortement recommandés pour améliorer la structure et la rétention hydrique du sol.

Altitude

L’olivier se cultive au Maroc de 0 à 1 400 m d’altitude. Au-delà de 1 200 m (zones montagneuses de l’Atlas), le risque de gel augmente significativement et les variétés adaptées sont plus limitées. Les vergers d’altitude produisent des huiles de qualité supérieure (plus riches en polyphénols) mais avec des rendements généralement plus faibles.

Variétés d'Olivier Cultivées au Maroc

Le verger oléicole marocain est dominé à plus de 95 % par la Picholine marocaine, mais un programme national d’introduction de variétés étrangères et de sélection de variétés locales diversifie progressivement l’offre variétale.

Picholine Marocaine
🇲🇦 Variétés marocaines à double fin (huile + table). Rustique, tolérante à la sécheresse. Teneur en huile : 18–22 %. Très répandue dans tout le pays. Sensible à l'alternance.
Dahbia 🇲🇦
🇲🇦 Variétés marocaines à huile, précocité de maturation intéressante. Teneur en huile : 20–24 %. Huile de qualité supérieure avec des notes fruitées prononcées.
Picholine du Languedoc
Adaptée au Maroc depuis plusieurs décennies. Fruits de grande taille, à double fin. Bonne tolérance au froid et à la sécheresse modérée.
Arbequina
🇪🇸 Variétés espagnoles Idéale pour la conduite super-intensive. Entrée en production très précoce (2–3 ans). Huile douce et fruitée. Faible besoin en froid hivernal.
Arbosana
🇪🇸 Variétés espagnoles adaptée aux haies fruitières super-intensives. Productivité très élevée, tolérance à la verticilliose. Teneur en huile : 17–20 %.
Koroneïki
🇬🇷 Variétés grecques avec petits fruits, très haute teneur en polyphénols. Excellente tolérance à la sécheresse et à la chaleur. Huile de grande qualité organoleptique.
Frantoio
Variété italienne avec productivité élevée, teneur en huile comprise entre 18 et 24 %. Produit une huile de haute qualité, au goût piquant et amer. Bonne tolérance aux maladies, mais sensible au froid.


Sélection variétale :
 L’INRA Maroc (Centre de Meknès) conduit des programmes de sélection pour identifier des clones de Picholine marocaine à haute productivité et à production régulière (réduction de l’alternance). Des collections variétales sont maintenues à la Station de recherche de Meknès (Aïn Taoujdate).

Questions Fréquentes sur la Culture de l'Olivier au Maroc

Quelle est la meilleur période pour planter l'olivier au Maroc ?

La  période optimale est l’automne  (octobre–novembre), qui permet un enracinement progressif grâce à la douceur des températures et aux prélèvements automnales. Une plantation de  début de printemps  (février-mars) est également possible, surtout dans les zones à risque de gel. Il faut impérativement éviter les périodes de gel intense, de canicule et de stress hydrique sévère. Les plantes en conteneurs (godets) permettent des plantations plus tardives que les plantes à racines nues.

  • L’olivier est une espèce  xérophyte , mais ses besoins varient fortement selon le système de conduite :

    • Conduite pluviale :  minimum 300 mm/an, production aléatoire et alternance marquée
    • Irrigation complémentaire :  1 500–2 500 m³/ha/an → augmentation des rendements de 50–100 %
    • Irrigation intensive :  3 000–5 000 m³/ha/an → optimal pour l’intensif et le super-intensif

    Le stade  critique  est la nouaison et le grossissement du fruit (mai-août) : le déficit hydrique à cette période entraîne une chute des olives et une réduction drastique des rendements.

  • Maladies fongiques : l’œil de paon (Spilocaea oleagina) est la plus fréquente, traitée au cuivre en préventif. La verticilliose (Verticillium dahliae) est redoutable et sans traitement curatif ; éviter les rotations avec solanacées.

    Maladie bactérienne : la tuberculose (Pseudomonas savastanoi) se manifeste par des galles sur les rameaux. Prévention par désinfection des outils de taille.

    Ravageurs : la mouche de l’olive (Bactrocera oleae) est le ravageur numéro 1 ; elle pondt dans le fruit et dégrade la qualité de l’huile. Le papillon teigne (Prays oleae) attaque successivement les feuilles, les fleurs et les jeunes fruits selon sa génération.

  • Le choix de densité dépend du relief, de la disponibilité en eau, du niveau de mécanisation et de l’objectif de production :

    • Extensif traditionnel (10×10 m) : 100 plants/ha, faible investissement, adapté aux zones pluviales difficiles
    • Semi-intensif (7×7 m ou 6×6 m) : 204–278 plants/ha, bon compromis mécanisation–productivité
    • Intensif (7×5 m ou 6×4 m) : 285–416 plants/ha, rentabilité à 5–7 ans, nécessite irrigation
    • Super-intensif en haie (4×1,5 m à 3×1,5 m) : 1 667–2 200 plants/ha, rendement élevé, récolte mécanisée, exige irrigation, gestion intensive et variétés compatibles (Arbequina, Arbosana, Koroneïki)
  • L’alternance est une caractéristique naturelle de l’olivier, accentuée par des pratiques inadaptées. Pour la réduire :

    • Taille annuelle après chaque récolte pour supprimer l’excès de fruits potentiels de l’année « on »
    • Irrigation régulière et suffisante durant toute la campagne (éviter le stress post-récolte)
    • Fertilisation équilibrée : azote fractionné, potassium et bore suffisants
    • Récolte rapide dans les « grandes années » pour ne pas épuiser l’arbre
    • Choix variétal : certains clones de Picholine marocaine sélectionnés par l’INRA montrent une alternance réduite
    • Éclaircissage chimique ou manuel des fruits l’année « on » (en cours d’expérimentation au Maroc)
  • La production nationale oscille entre 130 000 et 200 000 tonnes d’huile/an (variable selon la pluviométrie). Les rendements moyens au verger :

    • Extensif pluvial : 1–3 t d’olives/ha (0,2–0,6 t huile/ha)
    • Semi-intensif irrigué : 5–10 t olives/ha (1–2 t huile/ha)
    • Intensif irrigué : 10–20 t olives/ha (2–4 t huile/ha)
    • Super-intensif mature : 15–30 t olives/ha (3–6 t huile/ha)

    Le taux d’extraction en huile varie de 14 à 22 % selon la variété, le stade de maturité et le procédé d’extraction (2 phases vs 3 phases). La Picholine marocaine à maturité optimale donne 18–20 % d’huile.

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